lundi 26 janvier 2015

"Une Chinoise en France" : avant-propos

SHU Changying 舒长瑛 

"Une Chinoise en France" - Vision comparative des cultures sino-française (et sino-occidentale)

A publier en épisodes; traduits au fur et à mesure de ce que j'ai écrit en chinois

Et, si ça peut vous aider à mieux saisir ma position, je m'imagine m'adresser à mes compatriotes.... ;-)

Il est défendu d'utiliser le contenu sans mon accord ou sans préciser la source.
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Avant-propos


Deux points à souligner pour commencer :


Premièrement, l’auteur-je est une Chinoise qui vit en France depuis de nombreuses années, donc le texte prend principalement la France comme référence, mais une partie de contenu concerne plus généralement la communication sino-occidentale. Etant donné l’identité et la position que l’auteur-je se définit, imaginez aussi que les Chinois sont parmi « nous » et Français ou Occidentaux comme « eux ».

Deuxièmement, si on fait entièrement confiance à un livre, cela vaudrait mieux de ne pas avoir le livre » (尽信书则不如无书), dit-on. Un livre, qu’il soit un manuel ou autre, ne doit pas être considéré comme la vérité absolue et sacrée. La naissance d’un livre est le résultat du vécu et du point de vue plus ou moins personnel de l’auteur, il ne peut pas être « absolument juste » et ne peut s’appliquer à tout.

Les lecteurs qui sont familiers avec le contenu de ce livre peuvent le lire en se munissant de leur propre avis ; ceux qui ne sont pas familiers doivent aussi y apporter leur propre réflexion et analyse. S’il y a des questionnements et différents points de vue, il y a des débats qui rendent plus mûres et plus objectives les idées, ainsi verrait-on cent fleurs s’épanouissant en même temps (百花齐放)

L’Orient et l’Occident sont vus comme deux points culturellement opposés et cette vision n’est pas sans raison. Il y a toujours une différence entre deux cultures, mais entre les cultures orientales et occidentales la distance est plus large. C’est pourquoi les Chinois souvent pensent que le décalage culturel entre les pays occidentaux est si infime qu’il n’est pas nécessaire de l’évoquer. Quand ils entendent les Européens comparer la France et l’Allemagne ou bien la France et la Belgique, ils peuvent trouver que ces gens cherchent des problèmes et inventent une soi-disant différence culturelle, alors que la différence culturelle entre l’Orient et l’Occident peut vraiment s’appeler « différence ». Autrement dit, les Chinois mettent le monde « occidental » dans le même panier.

Tout est relatif. Grand ou petit, avoir ou ne pas avoir, c’est relatif.

Un Chinois arrivant en Europe, ou bien un Européen arrivant en Chine, si on dit qu’il tombe sur un autre monde ce n’est pas une exagération. Ce qu’on voit, ce qu’on mange, ce qu’on pense, tout paraît très différent. Et ces différences, on ne peut pas les ressentir tout de suite sans avoir vécu une période dans cet autre monde. Les choses à voir, à entendre et à manger, nous savons assez vite que c’est différent, mais la différence au niveau mental n’est pas perçue par chaque personne.

Savoir qu’il y a des différences, c’est la première étape. C’est-à-dire qu’il faut d’abord avoir la conscience, c’est un premier grand pas. L’étape suivante est d’être curieux, d’être intéressé, d’observer où se trouvent les différences. Et ensuite, réfléchir sur des « pourquoi ». Quand on commence à demander pourquoi et en plus explorer les « pourquoi », on  arrive à une étape fort intéressante.

J’ai choisi le français comme ma discipline universitaire il y a à peu près vingt ans, dès lors, je suis mise sur le chemin de comparaison culturelle sino-occidentale. Quand je travaillais en Chine, même si j’étais dans l’enseignement du français et étais forcément en contact avec la langue et la culture françaises, mais sans être dans le contexte authentique je ne pouvais pas avoir des connaissances vraiment approfondies. J’ai eu la chance d’avoir fait un séjour de deux mois en France, mais avec un regard « touristique » on reste encore au superficiel. Dans le groupe, certains ont eu une bonne entente avec la famille d’accueil, d’autres se sont plaints d’avoir une famille « radine » ou « pas gentille ». Après deux mois, chacun est parti de la France avec son propre vécu qui risque de devenir sa définition du pays. Le vécu et le point de vue personnel sont parfois interprétés avec un ton incontestable comme une théorie autoritaire. N’est-ce pas dangereux ? Voilà pourquoi au début de l’avant-propos je rappelle aux lecteurs que « si on fait entièrement confiance à un livre, cela vaudrait mieux de ne pas avoir le livre » (尽信书则不如无书).

Seulement si on vit DANS une culturel et s’y baigne quotidiennement et sans distance, on peut avoir ses propres visions profondes, réelles et à diverses facettes. Depuis que je vis en France depuis dix ans, j’ai commencé petit à petit à vraiment connaître la France, ou bien à connaître la vraie France. Je n’ai jamais appartenu à une « communauté », par exemple une communauté d’étudiants chinois (aller ensemble aux cours, faire des courses et manger ensemble, suivre des feuilletons ensemble pendant le week-end, voyager ensemble pendant les vacances, passer les fêtes ensemble), ou d’autres communautés patriotiques ou religieuses. J’aurais un côté solitaire et n’aime pas me faire restreindre la pensée. Je peux donc laisser mon esprit vagabonder librement, sans me faire formater  par un sens de clan.

Une vie interculturelle rend l’esprit plus riche et plus large, forme un système de références pluriel. Nous pouvons dire que c’est un plaisir. Mais l’interculturel génère aussi de la souffrance. Cette souffrance varie d’une personne à une autre puisque chacun a ses expériences singulières à lui. Je ne parle pas ici de la souffrance matérielle liée aux conditions de vie, je parle d’une souffrance intellectuelle et mentale. Vous vivez dans un pays étranger où entre vous et les autres il y a une différence culturelle ; vous rentrez dans votre pays, votre ville natale, vous ressentez aussi une différence avec les autres. Vous vous trouvez dans un entre-deux, vous n’êtes ni l’un ni l’autre. Vous faites partie d’un petit clan particulier et il n’y a que ce clan particulier qui vous comprend vraiment. Votre identité rend votre esprit compliqué qui n’est plus comme avant. Donc parfois vous êtes fatigué. 

Je dis qu’il y a une souffrance d’esprit aussi parce que désormais vous êtes toujours en train de comparer, consciemment ou inconsciemment. Pourquoi ils sont comme ça alors que nous sommes comme ça ? Parfois vous trouvez vite votre réponse, parfois vous restez confus. Parfois vous savez que la mentalité que vous serrez dans les bras ne vous convainc pas vraiment mais c’est plus fort que vous. Des fois vous êtes paradoxal vis-à-vis de vous-même et ne savez pas comment faire un choix. Vous débattez avec vous-même et avec d’autres. Vos interlocuteurs portent diverses positions et visions. Avoir des dialogues où l’objectivité et la sagesse brillent est fort plaisant, à ce moment vous vous ouvrez. Mais à d’autres moments vous heurtez des points de vue étroits ou antipathiques, ce qui fait que vous repliez.

Je pense avoir une certaine sensibilité pour la communication interculturelle. Comme ce que j’ai dit en haut, premièrement avoir la conscience de la différence, deuxièmement chercher les « pourquoi ». Pendant les années où j’ai enseigné le chinois à l’université, j’aimais bien discuter sur les plaisirs et les difficultés de la communication interculturelle avec les étudiants, notamment ceux en Master. Ils apprenaient le chinois depuis trois ou quatre ans, la plupart avaient étudié et vécu en Chine. Nos discussions étaient donc dans les deux sens : une Chinoise en France et des Français connaissant plus ou moins la Chine. Aujourd’hui, ma vie personnelle est biculturelle, où immergés chaque repas, chaque comportement et chaque conversation.

Je pense, à travers l’écriture, clarifier et organiser mon ressenti, ma réflexion et mon vécu de cette dizaine d’années, d’une part, comme une accrétion sédimentaire des idées, d’autre part pour partager et échanger avec d’autres personnes du « club ». De plus, l’écriture est un processus de maturation d’esprit et aussi un processus où on interroge et revoit sa propre pensée.

La communication interculturelle est stressante dans certaines circonstances, comme s’il faut « marcher sur une fine couche de glace » (如履薄冰). Pour se préparer on peut lire des livres ou même s’inscrire à une formation. Les entreprises paient parfois un expert pour former leurs employés en contact avec des étrangers, les aider à concevoir leur comportement et parole, les avertir des points importants à retenir. Les formés notent tous ces points pour plus tard les appliquer.

C’est bien de se préparer et l’utilité d’une formation dépend de la méthode du formateur et de la réception du formé. J’ai l’impression que beaucoup de formations traitent des éléments formels et superficiels. On vient suivre un cours parce qu’on pense ne pas être capable de gérer aisément des contacts interculturels, il ne suffit pas de leur jeter le contenu emballé dans des termes et des théories tout prêts et figés. Le sens d’augmenter sa compétence interculturelle consiste à dépasser et casser ces éléments prêts et figés, autrement dit, des « stéréotypes », « clichés », « préjugés » et « idées reçues ». On risque souvent de dire « les Chinois sont comme ça », « les Français sont comme là ». Comme dit l’expression « Les neuf fils du dragon se diffèrent l’un de l’autre » (龙生九子, 各有不同), même les enfants de la même famille ont chacun ses caractères, comment pouvons-nous définir toute une nation si facilement ? Si on vous demande « comment sont les Chinois », vous ne saurez pas répondre, alors pouvons-nous dire en quelques simples mots comment sont les Français ou les Américains ?

Je pense que la compétence interculturelle repose sur la formation d’une réflexion et d’une capacité de distinction indépendantes. Il ne faut pas se satisfaire des opinions reçus et non plus lancer nos opinions personnelles à d’autres. Nous avons à réduire la distance, casser les murs, raisonner par notre tête et ressentir par notre cœur, rechercher les points communs tout en respectant les points différents.

Ce que nous recherchons, c’est la compréhension, la compréhension dans les deux sens.

Cet avant-propos peut sentir théorique, mais le corps principal qui va suivre sera en grande partie énonciatif, laissant la parole aux expériences réelles et au ressenti. Je me baserai sur des éléments de la vie quotidienne, sans cibler spécifiquement le milieu politique ou le milieu de business. Connaître et comprendre la différence culturelle dans la vie dite ordinaire est le point de départ, sans lequel il est impossible de construire « un palais dans le ciel » (空中楼阁) en traitant directement un milieu spécialisé.


Je n’ai pas fait d’interviews avant d’écrire ce texte. Je n’ai pas comme objectif de rédiger un ouvrage scientifique en sociologie, mais de mettre par écrit du vécu et du senti. A la fin, je vais dire une phrase qui paraît très conventionnelle et rituelle, mais est tout à fait sincère : Mes connaissances et expériences ont des limites, mes opinions peuvent manquer de rigueur, des remarques et des débats sont les bienvenus. 


jeudi 6 novembre 2014

sur le racisme

Sur le racisme, ce qui évolue, ce n'est pas vraiment qu'il y a "de moins en moins de gens racistes", c'est que: le racisme est de plus en plus civilisé, et donc camouflé, de sorte que beaucoup de gens n'avouent pas, ou même ne savent pas qu'ils le sont. Et c'est bien plus embêtant.

Une fois, à la télé, il y avait une.... je ne sais pas comment dire, en chinois on dirait "公益广告" ("publicité pour le public et la société"), selon laquelle c'était raciste de dire des choses comme "Vous avez un petit accent", "vous venez d'où?" ou "Vous parlez bien français, vous n'avez même pas d'accent!". C'était hallucinant pour moi! ça passait à la télé, donc ça devait être l'idée des grandes têtes. Racisme fabriqué des grandes têtes --> racisme civilisé.


L'idée est que: ne pas être raciste, c'est de considérer tout le monde comme "pareil". Oui, c'est pas mal (si ça arrivait un jour, que les gens pensent tous comme ça....)

Mais c'est oui et non.
OUI, "pareil" pour la VALEUR: les êtres humains ont la valeur égale.
NON, on n'est pas tous pareil: on ne parle pas la même langue, on n'a peut-être pas la même physique, on n'a pas la même culture, et la différence culturelle engendre tout un système bien différent.

Il faut ignorer la différence pour ne pas être raciste? Et ben, quelle grande tête! C'est-à-dire que c'est honteux d'être différent?? Si je suis exactement comme vous (je parle comme vous, mange comme vous, ainsi de suite), je serais quelqu'un de bien? Quel racisme cette pensée représente-t-elle!

Seulement si on est conscient de l'existence de la Différence et que l'on sait que c'est tout à fait normal (c'est même intéressant, mais c'est une autre phase des choses), on ne traiterait plus les gens avec tant de préjugés et d'attitudes négatives.

Je trouve en effet qu'il y a de moins en moins de gens qui osent poser la question sur l'origine, et je trouve cela très ennuyeux. J'aime qu'on me le demande, pour que j'aie l'occasion de faire connaître mon origine et mon identité. Et puis, si la personne en face me pose ensuite des questions, on peut avoir une discussion intéressante. Alors qu'on ne demande rien, donc.... rien.

Ce n'est pas en interdisant les mots qu'on change la pensée du fond.

Vive la Différence et l'Autre!

vendredi 8 août 2014

Film "Qiuju, une femme chinoise"

“秋菊打官司“观后感Commentaire du film "Qiuju veut la justice" (traduit comme "Qiuju, une femme chinoise")


这个电影如果不看进去会觉得罗索冗长情节反复,会怪秋菊一味执拗,甚至会觉得她脑袋有问题。不过我觉得这个电影所要反映的是一个很大、很深的主题。
Ce film, si on n'entre pas dedans, on peut le trouver long et répétitif, on peut trouver Qiuju trop têtue, on peut même trouver qu'elle a un problème dans la tête. Mais je pense que le film veut refléter un thème très grand et très profond.

首先,主线是要公理和正义。秋菊从村里一直找到省人民法院,首先是“调停“,由领导出面从中讲和,而这些调停和讲和都没能给秋菊带来她所索取的公理和正义,何况是这是一普通村民和村长之间的较量。最后,只有去诉诸法律。首先,电影要说的是真正的公理和正义只有用法律来维护,要“法治“而不是“人治“。
Tout d'abord, le fil conducteur est la réclamation de la raison et de la justice. Qiuju commence par le village et finit par le Tribunal du Peuple de la région pour la justice. Au début, on essaye de arranger les choses par des "médiation" - les responsables jouent le rôle d'intermédiaire et essaient de réconcilier les deux côtés -, mais ces médiations n'ont pas apporté la raison et la justice que Qiuju exige, notamment qu'il s'agit d'une confrontation entre un "simple villageois" et le chef du village. A la fin, elle a été amenée à entrer en contact avec la "loi". 
Pour moi c'est le premier message que le film voudrait faire passer: les vraies vérité et justice ne peuvent se maintenir que par voie juridique; il faut une "gouvernance par loi" mais pas une "gouvernance par homme". 

电影要说的不止是要呼吁公理和正义,而远比这复杂矛盾。中国文化沉浸在儒家伦理中,儒家理想的境界却是“人治“,用人的道德仁慈和谐来维系社会;一旦诉诸法律,和儒家思想是冲突的,法律使人感觉太无情冰冷,而这一冲突就分明地体现在电影之中。秋菊只想要一份尊严,要村长说几句好话,然而村长可以掏钱也不能抹下面子承认自己做得不对(面子!别的可以抛面子不能抛!)村长是好人吗?他拿钱的时候把二十张钞票抛在地上,要秋菊低二十次头捡钱(她没有接受,因此要继续告状);村长是坏人吗?秋菊难产的夜晚,村长从被窝里爬起来去找人把她抬到医院去,终于生下了孩子。最后,秋菊家给孩子办满月酒,村长肯屈尊不计前嫌来喝酒,正在家里刮胡子换新衣服准备赴宴,然而秋菊要的“正义“终于到来:警察来车,把村长抓去拘留十五天。秋菊的内疚和绝望之情结束了这个电影。她要的是村长来说几句好话,这就是她要的尊重和公理,她万不想有人坐牢判刑。这就是儒家道理和法制道理之间的冲突。
Le film ne s'arrête pas là; il traite de quelque chose de bien plus complexe et paradoxal. La culture chinoise est immergée dans les raisons confucéennes pour lesquelles la "gouvernance par homme" est l'idéal: le réseau social se construit par la bonne foi, la sympathie et l'harmonie des gens; une fois on fait appel à la loi, ça entre en conflit avec l'esprit confucéen; la loi est trop "apathique" et trop "froide". Ce conflit est pleinement interprété dans le film. 
Qiuju veut "juste" du respect, veut que le chef du village reconnaisse son tort et s'excuse, alors que le chef peut donner de l'argent mais surtout pas reconnaître son tort en perdant la face (la face! on peut tout donner, mais pas la face!) 
Il est gentil? Quand il a donné l'argent, il a jeté les vingt billets par terre pour que Qiuju se baisse vingt fois devant lui en les ramassant (Qiuju n'a pas accepté de le faire, donc elle a continué sa recherche de justice). Il est méchant? la nuit où Qiuju doit accoucher et est en danger, il est sorti du lit et est allé chercher des gens pour porter Qiuju à l'hôpital. A la fin, la famille de Qiuju fête la fin du premier mois du bébé, il a accepté de venir malgré ce qui s'était passé. Il se prépare, se raser et se changer, pour venir au festin, alors que la "justice" que Qiuju cherchait est tombée: Les policiers sont arrivés et ont emmené le chef du village pour quinze jours de prison. Le visage de Qiuju, couvert de remords et de désespoir, marque la fin du film. Ce qu'elle voulait c'était quelques gentils mots de la part du chef; elle n'avait pas voulu d'arrestation et de condamnation. 
Voilà le conflit entre "le principe confucéen" et "le principe judiciaire".

村长死死不肯抛的面子这下是丢尽了,“坐牢“这一字眼对他本人、家人以及他人的震撼不用我赘言。所有人会怎么样看待和怪罪秋菊,包括她本人?!秋菊往后的日子可能会很难过,而村长所受的打击和伤痕,也许是任何都抚慰不了……一种由良心、和谐与情感编织而成的网被撕毁了。
La face, que le chef du village voulait se garder à tout prix, est pour cette fois complètement écroulée. Je n'ai pas besoin de signaler le fort ébranlement du thème "Entrer en prison" sur lui-même, sur sa famille et sur d'autres. Comment Qiuju serait vue et critiquée par tout le monde, y compris par elle-même?! Sa vie risquerait d'être assez difficile par la suite, le choc et la blessure du chef du village seront inconsolables....Un réseau tissé de conscience, d'harmonie et de sentiments humains est détruit.

dimanche 5 mai 2013

Mémento de petites phrases utiles en Chine


(Liste à compléter !)

chīfàn吃饭 à table


hěn hǎochī 很好吃! C’est très bon !
zhègè hěn hǎochī 这个很好吃。Ceci est très bon.
wǒ hěn xǐhuān chī zhègè 我很喜欢吃这个。J’aime bien manger ça.

weìdào hěn hǎo, dànshi yǒudiǎn là. 味道很好,但是有点辣。Le goût est très bon, mais un peu piquant.

wǒ chī bǎo le. 我吃饱了。Je n’ai plus faim / je suis rassasié.

duìbùqǐ, wǒ bù néng hējiǔ. 对不起,我不能喝酒。Désolé, je ne peux pas boire de l’alcool.

wǒ yǒudiǎn'er kě. 我有点儿渴。J’ai un peu soif.
wǒ yào yī bēi shuǐ. 我要一杯水。J’aimerais avoir / je voudrais un verre d’eau.
wǒ yào yī bēi chá. 我要一杯茶。J’aimerais avoir une tasse de thé.
wǒ yào yī píng bīngshuǐ. 我要一瓶冰水。J’aimerais avoir une bouteille d’eau glacée.

lǐwù 礼物 cadeau – offrir et recevoir


sòng gěi nǐ / nín. 送给你/您。C’est pour toi / vous.

bù zhīdào nǐ / nín xǐhuān bù xǐhuān. 不知道你/您喜欢不喜欢。Je ne sais pas si ça te / vous plaît.

wǒ hěn gāoxìng.   我很高兴。Je suis très content / ça me fait plaisir.

wǒ hěn xǐhuān. 我很喜欢!J’aime beaucoup !
hěn piàoliang! 很漂亮!Très joli !

zài shāngdiàn 在商店au magasin


xièxie, wǒ zìjǐ kàn ba. 谢谢,我自己看吧。Merci, je regarde moi-même (vous n’avez pas besoin de vous occuper de moi. Cette phrase est utile pour se « protéger » contre les vendeuses trop chaleureuses).

wǒ suíbiàn kànkan. 我随便看看。Je regarde comme ça / sans objectif.

tài guì le ! 太贵了!c’est trop cher !
piányi yīdiǎn ba! 便宜一点吧!Un peu moins cher s’il vous plaît !

评价一个人 commentaire sur une personne


tā hěn kě'ài !(小孩)他很可爱!(Enfant) Il est très mignon / elle est très mignonne !
tā hěn shuài !(男)他很帅!(Homme) Il est beau !
tā hěn piàoliang !(女)她很漂亮!(Femme) Elle est belle !

tā rén hěn hǎo. 他人很好。Il est très gentil.
tā hěn rèqíng. 他很热情。Il est très chaleureux / accueillant.
tā hěn cōngmíng. 他很聪明。Il est très intelligent.
tā hěn yǒuyìsi. 他很有意思。Il est très intéressant.

天气 le temps


jīntiān hěn rè! 今天很热!Il fait très chaud aujourd’hui !

jīntiān hěn lěng!  今天很冷!Il fait très froid aujourd’hui !

jīntiān de tiānqì bú cuò! 今天的天气不错!Il fait beau / bon aujourd’hui !

tàiyáng zhēn dà! 太阳真大!Le soleil tape !

说话 parler chinois


duìbùqǐ, wǒ bù dǒng. 对不起,我不懂。Pardon, je ne comprends pas.

wǒ de zhōngwén bù hǎo. 我的中文不好。Mon chinois n’est pas bon.

duìbùqǐ, qǐng nǐ zài shuō yí biàn. 对不起,请你再说一遍。Pardon, dites-le encore une fois, s’il vous plaît.

duìbùqǐ, qǐng nǐ shuō màn yī diǎn(er). 对不起,请你说慢一点(儿)。Pardon, parlez plus lentement, s’il vous plaît.

nǐ huì shuō yīngwén ma? 你会说英文吗?Tu sais parler anglais ?

Général : autre


qǐngwèn, cèsuǒ zài nǎ'er? 请问,厕所在哪儿?S’il vous plaît, où sont les toilettes ?

wǒ yào qù zhègè dìfang 我要去这个地方:…… Je voudrais aller dans cet endroit : ….

lundi 21 janvier 2013

Un petit instant d'évasion: neige à Beijing et à Paris


Juste pour partager une scène, 
ou plutôt deux scènes mises en une.
La Cité Interdite et le Sacré-Coeur sous la neige.
Pour la partie Beijing,
on se dit que c'est si rare maintenant
de trouver encore un vaste terrain vide enneigé.
Partout dans cette ville,
les gratte-ciel montent si haut
et ne laissent donc pas les gens admirer leurs toits.
Heureusement que
il y a encore ce Gu Gong à montrer....

dimanche 20 janvier 2013

Souvenirs: manuels de l'école primaire, année 80


J'ai toujours aimé le cours de "语文 (yuwen: parole et texte)", autrement dit la matière "le chinois" pour les Chinois. Je suis aussi bien nostalgique de l'enfance passée à la campagne et dans la nature. Maintenant que je suis une grande adulte, je réalise que l'enfance est, pour beaucoup de personnes, la seule période insouciante; le sans-souci et l'innocence permettent aux enfants d'être heureux et de vivre pleinement chaque instant présent au lieu de soit se plonger dans le passé soit songer à ce qui n'est pas encore arrivé.

Je me rappelle toujours certains textes qu'on a appris tout au début de la scolarité. Le goût pour "yuwen" et la nostalgie pour l'enfance m'ont fait taper "80年代小学语文课本 (manuels de yuwen de l'école primaire des années 80) et j'ai trouvé ce que je recherche! Quelqu'un a non seulement bien conservé ces manuels (12 volumes pour les six années) et a eu le soin de scanner page par page pour les partager avec les compatriotes appartenant à la même époque. Je vois que je ne suis pas la seule personne nostalgique...

J'ai pu revivre les couleurs, les images et les textes: le tout rempli de beauté, de simplicité, de naïveté, .... (à part l'intention politique de certains passages mais à l'époque, encore une fois, avec l'innocence et l'inconscience on n'avait guère le sens d'"intention"). 

Les premières pages portant sur l'apprentissage du pinyin et ensuite des caractères simples comme 人,口,手,上,中,下 étaient richement accompagnées d'images colorées. Très agréable pour les enfants! Je répète que c'était "plus simple" par rapport à ce que les enfants possèdent aujourd'hui. Beaucoup d'éléments ont paru plus tard, notamment ce qui se passe à la télé, dans les mangas, dans les films et sur l'Internet. La vie elle-même a, je vais dire radicalement, changé aussi.

Je vais montrer quelques textes que je connais par coeur.

(1)

小小的船 xiǎo-xiǎo-de chuán

弯弯的月儿小小的船,wān-wān-de yuè-er xiǎo-xiǎo-de chuán, 
小小的船儿两头尖,xiǎo-xiǎo-de chuán-er liǎng-tóu jiān, 
我在小小的船里坐,wǒ-zài xiǎo-xiǎo-de chuán-lǐ zuò, 
只看见闪闪的星星蓝蓝的天。zhǐ kàn-jiàn shǎn-shǎn-de xīng-xīng lán-lán de-tiān

Petit bateau
La lune courbe est comme un petit bateau,
Un petit bateau qui a les bouts pointus,
Je m'assois sur ce petit bateau,
Et ne vois que les étoiles scintillants et le ciel tout bleu.

Je pense que ce texte surréaliste faisait rêver à la plupart d'enfants (sauf quelques uns qui ne voulaient rien imaginer ou qui avaient la tête ailleurs ;-)) C'est facile à lire et ça sonne clair et rythmé avec: wān-wān-de yuè-er; (3 fois) xiǎo-xiǎo-de chuán; shǎn-shǎn-de xīng-xīng; lán-lán-de tiān.

(2)

秋天 qiū-tiān

秋天来了*,天气凉了,一片片黄叶从树上落下来。
qiū-tiān lái le, tiān-qì liáng le, yī-piàn-piàn huáng-yè cóng shù-shàng luò-xià-lái.

一群大雁往南飞,一会儿排成个人字,一会儿排成个一字。
yī-qún dà-yàn wǎng nán fēi, yī-huì-er pái-chéng gè rén zì, yī-huì-er pái-chéng gè yī zì.

啊!秋天来了。
à! qiūtiān lái le.

* Je me rappelle que le texte commençait avec cela mais on ne le voit pas sur le texte scanné...

L'automne est arrivé
L'automne est arrivé; le temps se rafraîchit; des feuilles jaunes tombent des arbres les unes après les autres.
Un groupe d'oies sauvages s'envolent vers le sud. Tantôt ils forment un caractère "人 (ren: homme)", tantôt ils forment le caractère "一 (yi: un)".
Oh! L'automne est arrivé.

Le petit texte interprète l'arrivée de l'automne avec une touche poétique et une simplicité (il faut que ce soit simple pour les enfants de 6 ans; et puis les enfants n'ont pas besoin de la complexité, Dieu merci!). A part cela, il apprend aux enfants quelque chose sur la nature: en automne, les oies sauvages - dayan - migrent vers le sud. Si on regarde bien, en effet ils réorganisent sans arrêt leur file et forment alternativement un "人" et un "一".

 (3)

泉水泉水你到哪里去?quánshuǐ quánshuǐ nǐ dào nǎlǐ qù? 
我要流进小溪里。wǒ yào liú jìn xiǎoxī lǐ. 
溪水溪水你到哪里去?xīshuǐ xīshuǐ nǐ dào nǎlǐ qù? 
我要流进江河里?wǒ yào liú jìn jiānghé lǐ. 
江水河水你们要到哪里去?jiāngshuǐ héshuǐ nǐmen yào dào nǎlǐ qù? 
我们都要流进海洋里。wǒmen dōu yào liú jìn hǎiyáng lǐ.

Eau de ruisseau, eau de ruisseau, où vas-tu?
Je coule vers la rivière.
Eau de rivière, eau de rivière, où vas-tu?
Je coule vers le fleuve.
Eau de fleuve - jiang et eau de fleuve - he*, où allez-vous?
Nous coulons tous vers l'océan.

* Je cherche à savoir la différence entre "jiang" et "he" s'il y en a bien une...

Ce petit texte apprend, sous forme d'un dialogue avec les ruisseaux, petites rivières et grands fleuves, aux enfants non seulement le vocabulaire mais aussi la relation entre l'eau de différentes sources - 泉 (ruisseau),溪 (rivière),江 et 河 (fleuve). Les enfants, en relisant le texte, acquit naturellement ce savoir sur la nature (plus facilement que si c'était dit d'un ton scientifique).

(4)

太阳 tài-yáng 地球 dì-qiú 月亮 yuè-liang

太阳大,地球小,tài-yáng dà, dì-qiú xiǎo,  
地球绕着太阳跑。dì-qiú rào zhe tài-yáng pǎo.
地球大,月亮小,dì-qiú dà, yuè-liang xiǎo, 
月亮绕着地球跑。yuè-liang rào zhe dì-qiú pǎo.

Le soleil est (plus) grand, la terre est (plus) petite,
La terre court autour du soleil.
La terre est (plus) grande, la lune est (plus) petite,
La lune court autour de la terre.

A travers ce comptine rimé, les enfants obtient tout de suite et à l'unanimité ce savoir élémentaire sur l'univers.


mardi 15 janvier 2013

Poésie: Un poème bien connu de SU Shi: 明月几时有


苏轼 SU Shi

水调歌头 shuǐ diào gē tóu



丙辰中秋欢饮达旦, 大醉作此篇, 兼怀子由.
(En an BingChen, le soir de la fête de Mi-automne (la Fête de la lune), nous buvons jusqu’au bon matin. Complètement ivre, j’ai fait ce poème, à la fois pour exprimer ma pensée pour mon frère Ziyou.)



明月几时有? 把酒问青天.

míng yuè jǐ shí yǒu, bá jiǔ wèn qīng tiān.

Clair ; brillant – lune – quel,le – temps – il y avoir ?
Prendre ; tenir – alcool – demander – vert – ciel.

不知天上宫阙, 今夕是何年.

bù zhī tiān shàng gōngquè, jīn xī shì hé nián.

Ne pas – savoir – ciel – dessus ; haut – palais impérial,
Aujourd’hui – soir – être – quel,le – année.

我欲乘风归去, 惟恐琼楼玉宇, 高处不胜寒.

wǒ yù chéng fēng guī qù, wéi kǒng qióng lóu yù yǔ, gāo chù bù shēng hán.

Je – vouloir – prendre ; se faire transporter – vent – retourner – aller,
Seulement – craindre – beau jade – pavillon – jade – maison,
Haut – endroit – ne pas – supporter – froid.

起舞弄清影, 何似在人间.

qí wǔ nòng qīng yǐng, hé sì zài rénjiān.

Lever ; entamer – danse – manier ; jouer – limpide – ombre,
Comment – ressembler à – à ; dans – monde terrestre.


转朱阁, 低绮户, 照无眠.

zhuǎn zhū gé, dī yǐ hù, zhào wú mián.

Tourner – rouge – pavillon ; pièce dans une maison,
Bas ; baisser – broder – fenêtre,
Eclairer – sans – sommeil.

不应有恨, 何事长向别时圆.

bù yīng yǒu hèn, hé shì cháng xiàng bié shí yuán.

Ne pas – il falloir – il y avoir – haine ; regret,
Quel,le – affaire – long ; toujours – vers - quitter ; partir – moment ; lors de – rond.

人有悲欢离合, 月有阴晴圆缺, 此事古难全.

rén yǒu bēi huān lí hé, yuè yǒu yīn qíng yuán quē. cǐ shì gǔ nán quán.

Homme ; personne – il y avoir – tristesse ; triste – joie ; joyeux – séparer – réunir,
Lune – il y avoir – sombre – clair – rond – incomplet,
Ce ; ceci – affaire – avant ; ancien ; depuis toujours – difficile – complet.

但愿人长久, 千里共婵娟.

dàn yuàn rén cháng jiǔ, qiān lǐ gòng chánjuān.

Seulement – souhaiter – homme ; personne – long – longtemps,
Mille – li ; lieu – partager ; commun – belle clarté de la lune.


Mon humble traduction personnelle: 

A quel moment nous aurons encore une lune claire comme celle de ce soir ? Tenant le verre dans la main, je demande au ciel bleu.

Et, quelle année sont-ils dans la cité céleste ?

Je voudrais bien chevaucher le vent pour y rendre visite,

Cependant, je crains, malgré les beaux palais en jade là haut, ne pas supporter le froid et la solitude.

Dansant, je joue avec mon ombre, comme si je me suis écarté du monde terrestre ?


La lumière de lune se balade sur les murs et les fenêtres colorés, éclairant la personne en insomnie.

Je ne voudrais pas avoir la rancune, mais pourquoi la lune n’est pleine qu'à ce moment où les personnes chères vont se séparer ?

Chez les hommes, il y a la tristesse de séparation et la joie de se réunir; 

Pour la lune, elle est parfois sombre, parfois claire, parfois ronde, parfois incomplète,

Rien n’a jamais été complet.

Je souhaite que notre affection soit éternelle, et que nous partagions  la clarté de la belle lune malgré notre distance de mille lieux.


Interprétation par récit : 

La lune est pleine, mais pas la famille. Mon cher frère, à qui est vouée beaucoup d'affection et de complicité, doit partir loin, hélas ! Quand est-ce que la lune redeviendra pleine? Quand nous nous retrouverons ? Les moments joyeux ne sont jamais permanents, ni pour l’homme ni pour la lune.

La lune est si claire, si limpide, on dirait qu’elle est en jade. Il doit y avoir donc des palais célestes là-dessus ? et si je prenais le vent pour y aller ? … mais non, je ne pourrais pas supporter le froid et la solitude là-bas. Ici, je suis avec les amis, je bois, je danse, je joue avec mon ombre, comment ne suis-je pas heureux ?

La lune pleine et la lune incomplète se substituent, comme la joie de réunion et la tristesse de séparation des hommes. Je souhaite que l’affection entre nous ne diminue guère, et que nous partagions la beauté de la lune malgré notre distance.


Note: Plusieurs vers du poème sont devenus des expressions très couramment utilisées, comme:

高处不胜寒: Quand on se positionne haut (en général dans le sens figuré), il faut supporter le "froid", l'isolement, la solitude.

人有悲欢离合,月有阴晴圆缺: Les hommes vivent, alternativement, la tristesse de la séparation et la joie des retrouvailles, comme la lune qui vit l'obscurité et la clarté, le complet et le manquant.

但愿人长久,千里共婵娟: (Souvent employé comme un souhait et un voeu aux amoureux) Souhaitons que les personnes sont ensemble et partagent le bonheur très longuement

Et nous pouvons écouter WANG Fei chanter ce poème: http://youtu.be/wIdDASnirbY

mercredi 2 janvier 2013

Un petit conseil pour ne pas être "malpoli"

Comme ce qui est dit et ce que j'ai pu observer après quelques expériences d'accompagnement, pas mal de touristes chinois sont considérés comme malpolis.... La politesse fait partie de la culture, dont les codes se différencient d'un pays à un autre. Aujourd'hui je vais être rapide et pratique, sans avoir l'ambition d'apporter une connaissance et une compréhension approfondies bilatérales sur ce sujet, en signalant une seule "règle" aux passagers chinois pour qu'ils ne soient plus considérés comme malpolis. Je traduirai cela en chinois s'il mérite d'être diffusé. 

Ce n'est pas de trop si on prend en compte quelques codes de l'endroit étranger où l'on est. Ces codes ne sont pas forcément les meilleurs, mais 入乡随俗 (Ru xiang sui su - Quand on est à Rome, fais comme les Romains), comme on dit. Un exemple dans le sens inverse: un Français peut moucher fort devant les gens, alors qu'il ferait mieux de le faire discrètement s'il est en Chine. Si on souhaite mieux s'entendre, il faut un petit effort et une volonté de tous les deux côtés. Très souvent, on a vraiment envie de se comporter adéquatement dans un environnement inconnu mais sans savoir ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas faire. Discutons donc pour mieux comprendre les choses et ça nous fait moins de pression et de gêne sans éclaircissement.

Cette règle est: être attentionné aux gens et aux individus (cette attention forme un respect, donc en étant attentionné, on devient plus ou moins poli et respectueux). C'est un concept fondamental et ça va améliorer beaucoup de choses. Même sur le territoire chinois, le monde sera plus agréable quand ce concept sera intégré. Je vais donner un seul exemple pour concrétiser ce point.

Quand on entre dans un magasin, ce qui arrive fréquemment aux touristes chinois, la première chose à faire n'est pas d'aller directement vers les produits et de les prendre, mais de regarder où sont les vendeurs et vendeuses. Ils sont peut-être en train de vous regarder et même de vous saluer. Donc regardez-les et saluez-les.

Certains se disent peut-être que ce n'est pas la peine de les regarder puisqu'ils ne pourraient pas se parler à cause de l'obstacle linguistique. C'est complètement faux car le sourire et l'échange de regard, avec la bienveillance comme l'arrière-plan, sont la base indispensable dans une communication harmonieuse; ils sont notamment importants quand l'expression verbale devient difficile. Ce point concerne non seulement les touristes chinois, mais aussi les agents français qui les accueillent.

A part la crainte causée par la difficulté linguistique et la timidité vis-à-vis des étrangers, un autre point à relever. On dit que "les clients sont le Dieu" et cela me semble très bien appliqué en Chine, où les clients, tant qu'ils ont leur porte-feuille rempli, n'ont pas besoin de politesse / de respect à l'égard des serveurs et vendeurs, et ceux-ci l'acceptent en général sans objection. Cela doit paraître "normal" pour les deux côtés. Alors qu'en France les serveurs et vendeurs, comme tout individu, exigent une attention et un respect nécessaires. Cela est, en tout cas on l'espère, une tendance qui concerne également la société chinoise.

Après le "rituel de salutation":

- S'il y a une queue, faites la queue et attendez.

- S'il n'y a pas la queue, attendez aussi un peu pour que la personne vienne vers vous et s'occupe de vous.

Puisque vous êtes attentionné, vous allez naturellement remercier et dire au revoir à la personne à la fin.

En se comportant comme ce que je viens de dire dans un magasin, même si vous ne parlez pas français et même s'il y a de petits malentendus, tout va se passer beaucoup mieux.

C'est pareil si vous entrez dans un café ou un restaurant.